ANNA MERMET
Comme un vêtement resté longtemps sur son crochet
Au cours d'une résidence d'un an à Bruxelles, j'ai reçu 19 personnes dans l’atelier afin de leur transmettre un geste, une histoire de pomme.
Devenues hôtes des lieux, mes invité.e.s y ont déposé à leur tour quelque chose.
2018, installation composite, sonore et vidéo, 9 récits de gestes racontés dans 2 vidéos et 7 dispositifs d'écoutes, durées variables
19 pommiers en herbe, plantés après chaque entretien. Ils ont été offert aux 19 hôtes à l'issue de l'exposition.
réalisée dans le cadre de la résidence à la Fondation privée Carrefour des Arts.
3 récits récoltés à Bruxelles en 2018, son mono, 2'09''
récolté à Rennes en mai 2017, son mono,15’35’’
(récit écrit par l’artiste, 10’30’’, récit en chinois par Cong, 5’05’’)



Au cours de ma résidence
à la Fondation Carrefour des Arts,
19 personnes que je connais à peine,
invitées parce que quelque chose en
elles a fait signe pour moi, viennent
dans mon atelier.
En partageant avec chacune d’elles
ce geste anodin issu de mon enfance,
je crée les conditions d’un processus
de remémoration de souvenirs
par le sensible, associés à un
ou plusieurs gestes.
Chacune de ces entrevues
individuelles se passe dans la stricte
intimité, sans aucun mode de captation
autre que ma simple mémoire.
Ce n’est qu’après le départ de mes
hôtes que je tente d’écrire un texte
retraçant l’entrevue.
J’ai alors travaillé sur la production
de pièces qui rendent compte
de ces accumulations
et enchâssements de récits.
À mon histoire, d’autres histoires
de gestes répondent.
Un gestuaire sensible se constitue
depuis et s’incarne en de multiples
formes: vidéos, installations sonores
et consommables, textes édités,
dessins.